Je connaissais pas les CMP il y a 2 ans. Il y a beaucoup de choses que je ne connaissais pas il y a 2 ans. Les CMP font partie des choses que je souhaiterais n'avoir jamais connu. J'ai des doutes sérieux sur l'utilité des CMP même si forcément notre expérience est sans doute pas transposable à celles d'autres parents, d'autres enfants.
Centres Médico-psychologiques qui parfois sont aussi pédagogique et deviennent alors des CMPP.
Quand ça va pas à l'école, après la psychologue scolaire, il faut passer par la case CMP. Ils ont un pédopsychiatre (sic), une équipes de psychologues, un psychométricien, des éducateurs spécialisés (quésako?) et des assistants sociaux. Bref une équipe pluridisciplinaire, des vacataires ou des salariés, des personnes que l'on ne rencontre qu'après l'aval du capitaine pédopsychiatre en chef.
1ère difficulté : prendre RDV
1er conseil : surtout ne le faites pas seul. Demandez à la psychologue scolaire de vous ouvrir les portes ou un médecin.
Prendre son téléphone est casse-gueule et c'est ce que j'ai fait. Bien trop de fois.
Impossible d'avoir un RDV dans le mois, il faut attendre plusieurs semaines, à l'exception du 3ème CMP où tout RDV est validé par le médecin agnat d'être confirmé. Ce dernier a des plages horaires vides, mais c'est pas grave, la secrétaire ne pourra pas les occuper sans son avis...
Donc plusieurs semaines d'attente.
Moi quand ça passe pas d'un côté, j'essaie de l'autre.
A Paris, on a un CMP par arrondissement. Les "mamans" à la pause café du matin me disent que le CMP du 9ème est bien. Malgré le RDV lointain au CMP du 10ème, je contacte celui du 9ème arrondissement. Miracle : on a un RDV rapide.
CMP du 9ème.
Rencontre avec le 1er péso-psychiatre. Un remplaçant de l'officielle qui est en congés maternité.
Il est gay, ou je le suppose. Dans notre situation, c'est rassurant.
1 RDV difficile en présence de notre fils puis il le verra 2-3 fois seul pour faire connaissance, avec l'assistante sociale aussi.
1 debrief assez incroyable. "J'ai une hypothèse de diagnostic, mais vraiment c'est qu'une hypothèse : votre fils aurait souffert de carences affectives". Pour un enfant abandonné devant un orphelinat, ce n'est pas un scoop. Dans d'autres circonstances, on aurait pu éclater de rire. Mais là non. Puis 1ère fin de non recevoir : on doit se rendre dans le CMP de notre arrondissement, c'est mieux. Dommage, on pensait avoir trouvé un lieu utile...
Cependant on y reviendra vite après le RDV au CMP du 10ème (voir plus loin).
Mais pour du violent, du solide.
Le format proposé a été une thérapie familiale. Rester assis, moi, le médecin, l'assistante sociale et mon fils. En rond. L'enfant se demande pourquoi lui est le seul à ne pas avoir de chaises. Mais bon, i a quand même les kaplas pour jouer ! Il nous demande de nous asseoir parterre avec lui. Echec. Alors il sort de la pièce pour se chercher un petit tabouret situé dans l'entrée. Mais ça ne suffira pas. revenu, il n'aura de cesse de perturber nos maigres tentatives d'échange. A jouer avec les interrupteurs, les stores, le téléphone... Impossible de parler. Il repartira dans l'entrée décidément plus fun. Le médecin le suivra pendant quelque minutes et ils reviendront tous les deux. J'essaierai de la garder sur mes genoux mais ce sera une furie, à me cogner les pieds sur les jambes... J'en ressortirai éreinté, perturbé, meurtri, accusateur. Et ce ne sera pas la dernière fois...
2ème tentative de "thérapie" encore plus violente. Cette fois, l'enfant sort de la pièce illico. Le médecin le suit et je reste au moins 15-20 min avec l'assistante sociale. On les entend échanger dans la pièce d'à côté. Ils reviennent. Le médecin de dire " il a failli me faire mal, il m'a lancé des objets à la figure, puis on a fait copain, on a sauté ensemble sur le lit à côté, on a cassé les pieds du lit mais c'est pas grave!". ???? perplexité... qui n'a pas le temps de s'installer car l'enfant est reparti dans son excitation perturbatrice. Comme jamais. Impossible de le tenir, de l'apaiser, de le calmer. Une séance d'exorcisme ferait le même effet je pense. Je ressors vidé au point de m'affaler dans l'escalier en pleurs. L'enfant lui ne comprends pas ma réaction, il est passé à autre chose, ne semble pas être perturbé par la séance. Pour ma part, ce sera la dernière. J'appellerai le médecin pour lui annoncer ma décision. Lui-même convient qu'il n'a pas forcément la bonne méthode.
2 jours plus tard la maitresse et la psychologue scolaire me tomberont dessus, informées qu'on arrêtait le CMP. Ce seront nos derniers échanges (on restera encore 5 mois dans la maternelle) : votre enfant est ingérable, il n'y a rien de positif à dire sur lui (l'enfant entend tout cela bien-sûr).
Le médecin du CMP me rappellera et insistera pour qu'on se voie une dernière fois. J'irai. Pour m'entendre dire que c'était sa responsabilité de me dire qu'il fallait un suivi et qu'au CMP d'autres personnes que lui pouvaient être utiles. Il s'est même énervé et calmé que lorsque je lui ai dit qu'on avait trouvé une psychologue que l'enfant commencait de voir (la psychologue montessori). Pourquoi je lui ai pas dit d'emblée ? Parce que la confiance était rompu : pourquoi avoir dit à l'école qu'on arrêtait les voir ? "Parce qu'on communique entre nous et qu'on pense bien faire..."; Du reste quand avez-vosu entendu parler de nous la 1ère fois "vous n'étiez pas encore venu, lors de l'une de nos réunions d'équipe, on rencontre les psychologues scolaires régulièrement". On nous connaissait avant de nous avoir vu.
CMP du 10ème
Vu une seule et unique fois. Juste après le "diagnostic" du CMP du 9ème et avec leur demande d'^tre transféré dans le CMP du 10ème. Le directeur de la maternelle (le seul avec lequel on a réussi à communiquer) m'avait prévenu : certaines familles se plaignent de l'accueil de la pédopsychiatre de là-bas. On sera pas déçu. Accueil on ne peut plus hostile. Ton de voix acerbe. Questions : vous faites tous les CMP pourquoi ? "Vous c'est papa et vous, s'adressant à mon conjoint, il vous appelle comment ?" Notre situation vous dérange ? "non, c'est juste que j'ai pas l'habitude". L'enfant bien-sûr entend tout, perçoit tout. Il tente de s'occuper en dessinant à la craie sur un tableau à cette intention. Il est peu calme. On essaie de lui dire non. "ça marche pas trop, on dirait qu'il vous écoute pas, que vous n'avez pas d'autorité". Paf. "Puis j'ai rien à vous proposer ici, retournez dans le CMP du 9ème. "On n'a pas de groupe d'enfant de l'âge de votre fils. Il y aurait bien les réunions mère-enfant mais avec vous on fait comment ?". On part plus que dégoutés. C'est en sortant qu'on découvre une école montessori à proximité dont la directrice deviendra pendant quelques séances la psy bienveillante (la seule) de notre fils. Mon conjoint partira aussi s'acheter un pull rouge pour se remonter le moral. C'est le jour où on a décidé que l'on ferait la fête de l'amour le plus possible. Amour inconditionnel pour notre fils. Sortir de ces séances délétères et surréalistes !
On retournera au CMP du 9ème pas pour longtemps (vois ci-dessus)
CMP du vésinet
Après notre déménagement en mai, les premières semaines dans la nouvelle école (Steiner) s'avèrent ne pas être la panacée. L'enfant reste perturbateur notoire. Je sais qu'il faut instaurer un suivi. Je prends RDV (seul : erreur !!) avec l'exigence (erreur+++) de rencontrer le pédopsychiatre seul (sans l'enfant). Il vient aussi su 10ème arrondissement. Peut-êre connait-il notre histoire ?
Je lui dit que je recherche de la bienveillance et de la communication. Que j'ai pas compris les méthodes des autres. Il me dit qu'il faut entamer une période d'observation. le but étant de voir si l'enfant pourra s'inscrire dans une des activités de groupe proposées. cela semble pertinent : comment apprendre sereinement le groupe à un enfant terrorisé intérieurement par un groupe.
On rencontrera 3 à 4 fois le binôme psychologue-psychmotricienne en charge de l'observation. 2 fois avec l'enfant et deux fois l'enfant les a rencontré seul. C'était pendant l'été avec la coupure des vacances. Impossible de débrieffer avec elles "vous ferez le bilan avec le médecin-chef". La dernière séance se passe mal. J'entends depuis la salle d'attente les cris de mon fils dans la salle du dessous. Pourquoi ces cris ? Pourquoi si longtemps. je me décide de descendre et me retrouve en bas au moment où la porte s'ouvre. L'enfant courre vers moi. Je demande pourquoi on pouvait entendre ces cris ? "Parce quels séparation est difficile, il ne voulait pas rendre le gros ours" comme si cela coulait de source. Séance d'explications 'entre deux portes'. S"si vous ne comprenez pas nos méthodes, vous pouvez aller ailleurs" (fair enough). "vraiment je vous comprends pas" dit la psychologue. je lui réponds "vous avez essayé l'empathie ?". Il n'y aura pas d'autres séances d'observation. Pour le RDV de fin d'observation, RDV pris avec le pedo-psychiatre-chef, je suis surpris de revoir les 2 psychologues. "l'enfant ne regarde pas dans les yeux, il dit pas "je". Je reste muet, distant, nos échanges m'ayant laissé un goût amer peu amène. Il conviendrait d'entamer l'observation en groupe. Je réponds que c'est pa sel bon moment, que l'enfant entame sa nouvelle rentrée et s'accoutume déjà à un groupe. Que c'est notre priorité. Ils prennent cela comme une fin de non recevoir.
J'essaierai de revoir le médecin chef mais il annulera un RDV parce que j'en ai pris un dans le centre psy dont dépend le CMP.
J'insisterai pour le revoir notamment sur les conseils de la consultation adoption de Versailles : essayer la psychomotricité. Je le reverrai et aurai une nouvelle fin de non recevoir. J'ai pas accepté la règle de l'observation, l'enfant ne peut être suivi dans le CMP (ça s'appelle un refus de soin). Comme j'ai déjà l'habitude d'aller voir ailleurs, ile me conseille de faire appel à une psychométricienne libérale. Décidément, on doit faire peur. Ou alors on est des causes perdues qui ne valent pas que l'on s'arrête dessus ?
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