samedi 28 février 2015

Le parcours du combattant "psy"

A la crèche, la psy parce que notre enfant crache et bouscule un peu trop ses petits camarades. C'est sûr, un enfant adopté avec des parents gays, qui a vécu l'abandon, l'orphelinat, a sans doute des séquelles... Mais avec l'encadrement ça va. Les "mauvaises" phases passent (taper, cracher...) seules...
A l'école, 1ère journée, envoyé chez le directeur au bout d'une heure.

Rapidement on voit la psy scolaire (qui elle devrait voir plus souvent le coiffeur). Apocalyspe. Il ne faut pas que notre enfant identifie la maitresse comme sa mère (comme il en a pas c'est sûr). L'enfant joue avec le train en bois et lance des wagons au travers de la salle. J'ai à peine fini l'exposé de l'adoption qu'elle se lève, ramasse les wagons et les pointe à l'enfant en disant "ça c'est ta mère, ça c'est ton père, ils t'ont abandonné, ils avaient leurs propres raisons, ce n'est pas de ta faute". Au fait vous ? vous lui parler de son adoption ? Je reste en colère toujours et encore.

Faudrait aller voir un CMP ? C'est quoi un CMP ? Je prends le téléphone, CMP du 9ème, du 10ème; CMPP même. Impossible d'avoir des RDV avant plusieurs semaines. Alors on prend RDV pour dans 6 ou 8 semaines et je poursuis les appels. Un CMP spécialisé adoption dans le 15ème pourquoi pas ? La consultation adoption de Cochin pourquoi pas ?
J'ignorais à l'époque que les CMP des 9ème et 10ème arrondissement connaissait déjà mon fils par une communication régulière avec la psy scolaire...

Découverte du rituel de passage que je vais rater bien des fois. Je parlerais presque de dogme.
"surtout venez avec l'enfant". Il faut savoir que si notre fils est pénible, ingérable à l'école, il le devient assez rapidement aussi lors d'un RDV chez le psy. La froideur et la distance de l'accueil le stimule : il embrasse de ses bras, il donne des baisers sur les mains à des personnes qui lui sourient à peine. Lui qui essaie de séduire... après il nous laisse à peine la possibilité de parler. Ces premiers entretiens se transformant ainsi en véritable épreuve dont je ressors lessivé, parfois en pleurs, et avec minimum un ou deux jours pour m'en remettre.

CMP du 9ème, quelques séances avec le psychiatre remplaçant (l'habituelle étant en congé maternité). séances de type familiale (on est assis en cercle sauf l'enfant censé jouer tranquilement parterre). Après 2 séances que je qualifierais "d'exorcisme" tant notre fils était méconnaissable et violent, je décidais d'arrêter. Le thérapeute reconnaissant son manque d'expérience. Notre fils ressortant de ces séances sans mal, redevenant calme, mais moi restant assez traumatisé... Totale incompréhension, pourquoi des "thérapeutes" ne sont-ils pas avant tout bienveillants et pourquoi cette énergie négative, cette violence pendant les séances ?
L'école a été informée de notre départ du CMP, ce qui a valu une "descente" de la psy qui me poursuit dans l'escalier alors que je refuse de lui parler depuis nos premiers entretiens. Votre fiel est "ingérable" et la maitresse qui surenchérit "j'ai rien de positif à vous dire sur votre fils, parce qu'il n'y a rien de positif!". Je ne lui adresserai plus la parole de février à mai, date à laquelle on a déménagé, quitté l'école, le quartier, Paris...

CMP du 10ème, rencontre avec la psychiatre. Pourquoi venez vous alors que vous êtes suivi ailleurs? ben justement parce que le CMP du 9ème nous a dit que c'était à vous de prendre en charge en raison du secteur (on pourrait parler de patate chaude...). Ton hostile, froid. En présence de l'enfant, reproche qu'on arrive pas à le tenir, qu'il nous écoute pas. Et de toute façon, j'ai pas de groupe de thérapie pour son âge. Il y'a aurait bien l'activité mère-enfant mais avec vous je fais comment ? (certes 2 pères ça le fait pas).
En sortant on rentre dans l'école Montessori du quartier. La directrice est psy. elle pourrait voir l'enfant mais alors il ne pourra pas être scolarisé dans l'école.

Consultation adoption de Cochin. On vous reçoit à plusieurs, 1 psychiatre, 2 psychologues et autres. Des entretiens longs. Un début d'empathie (ça doit être dur pour vous). Puis c'est tout. Pas d'orientation. Pas de prise en charge. On peut se voir une fois par an... C'est pratique. Ca se terminera par un mail de soutien au psy du CMP du 9ème (là aussi ils communiquent entre eux).

Tentative de recruter un psychologue en libéral. On prend 3 RDV différents.  On y va sans l'enfant. Mais pas de "contact". Finalement la psy/directrice Montessori St-Louis nous voit plusieurs fois, dans le parc, pas dans un bureau. Pour elle tout va bien avec l'enfant... On aurai pu continuer avec elle si on avait pas déménagé.

Arrivée en banlieue ouest. Tentative d'insertion dans l'école Steiner. Petits groupes d'enfant. mais là encore rejet. l'enfant perturbe trop le groupe. L'enseignement est collectif (communautaire). On vous ferme pas la porte mais Montessori serait mieux.

Nouvelle déception. Si le changer d'école ne change rien, je vais de moi-même au CMP du Vésinet. 1re RDV sans l'enfant (un crime!). Le médecin travaille aussi dans le 10ème arrondissement de Paris. Il reste froid, distant, a l'air totalement dépressif. Il faut une période d'observation : plusieurs séances au cours de l'été. Avec la psychologue et la psychomotricienne. Le psychiatre n'aura jamais rencontré l'enfant, ma faute sans doute ! Une séance d'observation tourne mal : j'entends l'enfant hurler pendant plusieurs minutes. Je descends et le trio sort de la salle, l'enfant se ruant vers moi. Pourquoi ces cris ? Parce qu'il refusait de se séparer du gros ours. Ca lui pose un problème la séparation. Là encore totale incompréhension : pourquoi tant d'énergie négative, la veille de la rentrée scolaire ? On arrête l'observation. Du coup, le psychiatre refusera d'envisager une quelconque prise en charge. je n'ai pas "jouer le jeu". Y compris lorsque je lui demanderai une prise en charge par la psychomotricienne seule. "vous pouvez en trouver dehors dans les pages jaunes, certes il faudra payer".

Rencontre avec 2 psychiatres : 2 séances avec l'une qui finira pas nous dire qu'elle n'est pas disponible (pourquoi alors nous avoir reçu 2 fois ?), et un autre qui nous prescrira du Tiercan puis du Risperdal.

Rencontre avec le centre d'action sociale en raison d'un "signalement " du centre de loisirs où on a laissé l'enfant 2 semaines pendant l'été. L'infirmière et le médecin sont supers.

RDV à la consultation adoption de versailles. 2h30 dans un petit bureau avec l'enfant. Prchain RDV dans 10 mois...

RDV au centre hospitalier "santé mentale". 3 semaines d'observations à raison de 3 demi journée par semaines. Et une maigre proposition de prise en charge : 1 heure le jeudi et 1 heure le vendredi. Pas d'HDJ parce que l'enfant n'est pas cool en groupe (surtout des enfants autistes).

A suivre...

Tous des lacaniens, qui vous parle d'empirisme (on tente ceci, on tente cela), qui vous dit qu'on peut rien promettre, que de toute façon ça va durer des années, qui ne partage rien avec vous ("l'enfant créé son propre espace avec nous, c'est difficile à supporter hein d'être tenu à l'écart de cet espace"), qui vous juge (langage non verbal hostile), qui ne vous croit pas ("et ça se passe comment chez vous ? il dort bien ? oui oui ! vraiment ?"), qui fonctionne en vase clos, se co-opte, se referme comme une huitre... Je parlerais bien volontiers d'obscurantisme et de secte. Le tout remboursé par la sécu... A quand des évaluations de leur travail ? A quand une charte qualité de l'accueil ? A quand un peu plus de comportementalisme (je suis de l'école de l'éducation patient...) ?
Notre fils aujourd'hui.
On vit en banlieue ouest de Paris.
Il va en moyenne section de maternelle, école publique.
Uniquement les matins (en petite section, il n'était accepté dans son ancienne école qu'une heure par jour). Donc c'est nounou les après-midi.
Et une séance chez une psy "clinicienne" le mardi après-midi et le samedi matin (on ne va garder que le mardi prochainement) depuis octobre dernier.
Et à la rentrée après vacances de février : dans un centre hospitalier "de santé mentale" : 1 heure d'activité le jeudi après-midi et une 2ème heure d'activité le vendredi après-midi.
Une AVS (reconnaissance de handicap oblige) depuis mi-janvier à l'école, tous les matins.
On a essayé le Risperdal qui le calme un peu mais là on essaie de réduire (pas simple).
C'est assez l'enfer en terme d'organisation (heureusement je suis chef de TPE donc assez flexible !), ça coûte cher, mais le pire c'est le sentiment passé et présent de ne pas avoir encore trouvé les bonnes ressources. D'où le SOS bouteille à la mer.
Pourquoi créer un blog ?
Pourquoi lancer un SOS ?
Tout simplement parce que depuis 1 an 1/2 on vit un véritable cauchemar en raison des troubles relationnels et émotionnels de notre fils aujourd'hui âgé de 4 ans 1/2.
Tout a commencé avec son arrivée en petite section de maternelle, en école publique sur Paris, sa première rentrée, qui s'est transformée en épreuve de force. Pour lui d'abord avec un rejet de l'autorité et du groupe et pour l'école. A l'époque l'incompréhension fut importante. Comment se fait-il que l'école n'arrive pas à canaliser l'énergie d'un enfant de 3 ans ? Ou pourquoi l'école génère-t-elle un tel rejet, une telle excitation chez lui ? Trop d'élèves (>30) ? Pas assez d'attention ?
Notre fils a toujours été énergique mais là, il devenait ingérable.
Alors a commencé le parcours du combattant des rencontres avec les psy et encore aujourd'hui le sentiment de ne pas être bien accompagné.
Dysharmonie évolutive, ce serait le diagnostic. Il est très en avance sur certains aspects et très immature sur d'autres (dont la gestion des relations et des émotions).
Les objectifs de ce blog (à son lancement!) sont nombreux et pas forcément clairs pour moi :
1) essayer de mieux comprendre ce qu'est cette dysharmonie
2) échanger avec d'autres parents sur les conséquences et les meilleures façons de s'y prendre
3) tenir un journal de bord (ça je me dis que j'aurais dû le faire depuis longtemps) des événements
4) écrire, approfondir mes pensées et ressentis qui je l'annonce d'emblée sont excessivement négatifs, notamment envers les professionnels (tous des lacaniens tiens tiens...).
Je reste anonyme parce que ces me semble préférable vu les tensions, voire les conflits, que vous vivons avec certaines personnes qui forcément se reconnaitront; Et surtout pour notre fils, qui lui galère suffisamment, pour que demain, le plus vite possible, la page soit tournée sur ces mauvais moments et que ce blog aura disparu de nos univers...